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	<title>ACTUALITE DE L&#039;HISTOIRE IMMEDIATE  par Jean-François Soulet &#187; Editorial</title>
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	<description>Nouvelles sur la recherche en Histoire immédiate</description>
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		<title>Colloque sur les RECHERCHES COMPARATIVES SUR LE COMMUNISME (Sofia, 24-25 novembre 2015)</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2015 14:39:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8216;Institut de Recherche sur le passé récent de Sofia (Bulgarie) organise, sous la direction du Professeur Ivaylo Znepolski, les 24 et 25 novembre 2015, un Colloque international sur &#171;&#160;Régime et société dans les pays de l’Europe de l’Est (1956-1989)&#160;&#187; Cinq pays d&#8217;Europe de l&#8217;Est seront représentés ainsi que des chercheurs  d’Allemagne, de France, et des Etats-Unis. Ce sera le premier colloque  d’une telle ampleur sur la période communiste en Europe de l’Est. Il devrait permettre de faire le point sur les recherches en histoire comparée entreprises dans les différents pays et appliqués aux anciens États communistes. &#160; &#160; &#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><br />
</strong></p>
<p>L<strong>&#8216;Institut de Recherche sur le passé récent</strong> de Sofia (Bulgarie) organise, sous la direction du Professeur Ivaylo Znepolski, les 24 et 25 novembre 2015, un Colloque international sur &laquo;&nbsp;<strong>Régime et société dans les pays de l’Europe de l’Est (1956-1989)&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Cinq pays d&#8217;Europe de l&#8217;Est seront représentés ainsi que des chercheurs  d’Allemagne, de France, et des Etats-Unis. Ce sera le premier colloque  d’une telle ampleur sur la période communiste en Europe de l’Est. Il devrait permettre de faire le point sur les recherches en histoire comparée entreprises dans les différents pays et appliqués aux anciens États communistes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L&#8217;UKRAINE&#8230;APRÉS LA GÉORGIE&#8230;ET AVANT LA MOLDAVIE ?</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Mar 2014 08:55:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[                  Il existe au moins deux manières d’interpréter la très probable main mise de la Russie sur une partie de l’Ukraine. Il y a la version officielle russe, minimaliste, rassurante, presque bonhomme, que l’on pourrait résumer en ces termes : Ne vous polarisez pas, braves gens du monde entier, sur cet épiphénomène. En absorbant la Crimée, la Russie ne fait que régulariser une situation anormale puisqu’elle se borne à récupérer une région conquise par elle en 1783, perdue en 1954 à la suite d’une bévue d’un dirigeant soviétique, et peuplée d’une forte minorité russe. Certes, la Crimée est redevenue ukrainienne en 1991, mais des accords avec le nouveau gouvernement ukrainien, l’ont quasiment transformée en une immense base militaire russe… Alors, pourquoi reprocher à Vladimir Poutine d’avoir anticipé une possible remise en cause de ces accords par les Révolutionnaires de Kiev, en permettant à la péninsule criméenne de retrouver son identité originelle ?… A cette version peu crédible, il convient d’en opposer une autre qui montre qu’il ne s’agit pas d’un acte isolé, spécifique à la Crimée, mais que l’on doit l’inscrire et le lire dans la ligne stratégique conçue par V.Poutine depuis qu’il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center">
<p>                  Il existe au moins deux manières d’interpréter la très probable main mise de la Russie sur une partie de l’Ukraine. Il y a la version officielle russe, minimaliste, rassurante, presque bonhomme, que l’on pourrait résumer en ces termes : Ne vous polarisez pas, braves gens du monde entier, sur cet épiphénomène. En absorbant la Crimée, la Russie ne fait que régulariser une situation anormale puisqu’elle se borne à récupérer une région conquise par elle en 1783, perdue en 1954 à la suite d’une bévue d’un dirigeant soviétique, et peuplée d’une forte minorité russe. Certes, la Crimée est redevenue ukrainienne en 1991, mais des accords avec le nouveau gouvernement ukrainien, l’ont quasiment transformée en une immense base militaire russe… Alors, pourquoi reprocher à Vladimir Poutine d’avoir anticipé une possible remise en cause de ces accords par les Révolutionnaires de Kiev, en permettant à la péninsule criméenne de retrouver son identité originelle ?…</p>
<p>A cette version peu crédible, il convient d’en opposer une autre qui montre qu’il ne s’agit pas d’un acte isolé, spécifique à la Crimée, mais que l’on doit l’inscrire et le lire dans la ligne stratégique conçue par V.Poutine depuis qu’il a succédé à Boris Eltsine. Pour cet ancien du KGB, devenu chef des nouveaux services secrets (FSB), la disparition de l’Union soviétique  a constitué « le plus grand désastre géopolitique du XXème siècle ». Dès lors, devenu Président et Premier ministre, l’homme s’est vraisemblablement donné comme mission de reconstituer, sous une forme ou sous une autre (intégration, association, fédération…), l’ « empire » perdu. En droite ligne de Staline, il semble considérer comme seules légitimes, pour la Russie, les frontières de l’empire des Tsars.  Comme Staline qui, par le biais du pacte germano-soviétique, puis, après 1941, en accord avec les puissances alliées occidentales, est parvenu à réinsérer dans le « Bloc soviétique » les territoires perdus par les Bolcheviques après la Première guerre mondiale, V. Poutine paraît vouloir effacer les pertes territoriales occasionnées à la Russie par l’implosion de l’URSS en 1991.</p>
<p>Pour ce faire, V.Poutine et son brain-trust appuient leur argumentation de reconquête, auprès de l’opinion, sur deux types de facteurs :</p>
<ul>
<li>l’appartenance des pays ciblés, durant une période de leur histoire, soit à l’empire tsariste, soit au Bloc soviétique. Cela permet d’habiller d’une espèce de légitimité historique les revendications impérialistes du Kremlin.</li>
<li>la présence, dans ces  pays, de fortes minorités russes, à la suite de la politique de colonisation à outrance conduite par les tsars et les dirigeants soviétiques.</li>
</ul>
<p>Ces facteurs, s’ils sont nécessaires ne sont cependant pas suffisants pour que V.Poutine puisse enclencher une opération – de charme ou de force- dans ces pays à la périphérie de la Russie. Il lui faut attendre que le pays convoité se trouve dans une situation économique et politique précaire, ce qui permet comme en Ukraine de voir se diviser la population, et donne l’opportunité à Moscou de justifier une intervention en proposant une aide financière au pays ou la protection de la partie russophone. Les seuls obstacles à cet interventionnisme pourraient être l’Union européenne ou les Etats-Unis, ce qui n’est en général pas le cas, l’Union européenne étant divisée et les Etats-Unis, de plus en plus indifférents à l’Europe.</p>
<p>Dans ces conditions, le champ devient libre pour que Poutine puisse déployer sa politique sans difficultés majeures. C’est ce qu’il a fait en Géorgie en 2008, ses troupes occupant toujours l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. C’est ce qu’il s’apprête à faire en Ukraine en intégrant la Crimée. Et après ? Quel sera le prochain territoire à avaler : la Moldavie, avec la Transnistrie ? Kaliningrad ? l’Estonie ? Même si nous savons que l’Histoire ne se répète pas, que 2014 n’est pas un clone de 1938, et que Poutine n’est pas Hitler, nous ne pouvons pas ne pas nous souvenir qu’après l’annexion de l’Autriche, et celle des Sudètes en Tchécoslovaquie, ce fut la Pologne et le début de la Seconde guerre mondiale.</p>
<p>La politique poutinienne s’appuie donc sur ce véritable champ de mines que constitue la périphérie de la Fédération de Russie, avec des pays disputés durant l’histoire et, répétons-le, souvent peuplés de fortes minorités russes. Mais elle s’appuie aussi sur une large portion de l’opinion russe. Aux yeux de cette dernière, en effet, les indépendances des pays périphériques de l’Union soviétique après 1991 sont apparues comme une injustice, qu’il faudra réparer un jour. Avec Poutine, ce jour semble arrivé. Rien n’est plus dangereux qu’un peuple humilié, même si son sentiment d’humiliation est irraisonné. N’oublions pas qu’Hitler s’est imposé dans un tel climat avec pour principal programme de remettre en cause le « diktat » de Versailles.</p>
<p>Voilà deux fois que nous faisons référence au nazisme et à la Seconde guerre mondiale ; c’est, sans doute, beaucoup trop, car s’il faut avoir un œil sur le passé, il faut aussi en avoir un autre sur les spécificités du présent. Ainsi, il est difficile d’imaginer que Poutine aille très loin dans le démembrement des  pays voisins, sans donner raison aux minorités nationales de la Fédération de Russie (Tchétchènes et autres peuples caucasiens) dont il combat férocement l’aspiration à l’indépendance. En outre, « l’arme économique » brandie par l’Union européenne n’est pas aussi inefficace qu’elle ne le paraît. L’économie russe n’est pas en état de se passer des ventes de gaz à l’Occident. Cela suffira-t-il à rendre raisonnable  Vladimir Poutine ?</p>
<p align="right">Jean-François Soulet</p>
<p align="right">(15 mars 2014)</p>
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		<title>LE PRINTEMPS ARABE ET L’HISTOIRE IMMÉDIATE</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Apr 2013 13:57:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[Le « printemps arabe » s’il ne passionne peut-être pas l’opinion française, l’intéresse à coup sûr. Depuis deux ans, chroniques radiophoniques, débats télévisés, le choisissent volontiers comme thème, et, dans les librairies, une table lui est souvent consacrée. Dans ces diverses et multiples prestations, quelle est la part des historiens ? La question est peut-être mal posée. Qu’entendons-nous, en effet, par « historien » ? Au sens étroit et strict : un universitaire agrégé ou docteur en Histoire ; ou bien, dans un sens large, tout spécialiste (politologue, arabisant, islamologue, journaliste…) accordant à l’approche historique une place de choix ? C’est, bien entendu, cette dernière définition qui est la nôtre.  Dès lors, on ne sera pas étonné que nous citions les chroniques de Bernard Guetta dans la matinale de France-Inter. Rassemblées en un ouvrage sous le titre « L’an 1 des révolutions arabes (décembre 2010+janvier 2012) » (Belin, 2012), elles frappent par leur clarté, leur pertinence et leur perspective historique. Pour ce journaliste, qui a couvert dans les années 1980, la Pologne de Solidarnosc, l’actualité ne peut se lire et se déchiffrer qu’en fonction des événements passés. Mais les plus belles « leçons d’histoire immédiate » nous sont administrées par trois arabisants, deux enseignants à Sciences Po Paris et le troisième, à l’Université [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong><em>Le « printemps arabe » s’il ne passionne peut-être pas l’opinion française, l’intéresse à coup sûr. Depuis deux ans, chroniques radiophoniques, débats télévisés, le choisissent volontiers comme thème, et, dans les librairies, une table lui est souvent consacrée. Dans ces diverses et multiples prestations, quelle est la part des historiens ? La question est peut-être mal posée. Qu’entendons-nous, en effet, par « historien » ? Au sens étroit et strict : un universitaire agrégé ou docteur en Histoire ; ou bien, dans un sens large, tout spécialiste (politologue, arabisant, islamologue, journaliste…) accordant à l’approche historique une place de choix ? C’est, bien entendu, cette dernière définition qui est la nôtre.</em></strong></p>
<p> Dès lors, on ne sera pas étonné que nous citions les chroniques de <strong>Bernard Guetta</strong> dans la matinale de France-Inter. Rassemblées en un ouvrage sous le titre « <em>L’an 1 des révolutions arabes (décembre 2010+janvier 2012)</em> » (Belin, 2012), elles frappent par leur clarté, leur pertinence et leur perspective historique. Pour ce journaliste, qui a couvert dans les années 1980, la Pologne de Solidarnosc, l’actualité ne peut se lire et se déchiffrer qu’en fonction des événements passés.</p>
<p>Mais les plus belles « leçons d’histoire immédiate » nous sont administrées par trois arabisants, deux enseignants à Sciences Po Paris et le troisième, à l’Université de Toulouse-Le Mirail.</p>
<p>En deux ans, <strong>Jean-Pierre Filiu</strong> nous a proposé deux livres brillants : l’un, en 2011, sur « <em>La Révolution arabe. 10 leçons sur le soulèvement démocratique</em> » (Fayard 2011) ; l’autre, au début de 2013 sur « <em>Le Nouveau Moyen Orient : les peuples à l’heure de la révolution syrienne</em> » (Fayard, 2013). Loin de se borner à une analyse de l’actualité, il  montre que le fondement des événements actuels au Moyen Orient, notamment en Syrie, se situe aux XIXème et dans la première moitié du XXème siècles. Ainsi, l’aspiration à un monde nouveau qui est celle aujourd’hui du monde arabe fait écho au mouvement de renaissance de la Nahda (menée au XIXème siècle par la Tunisie, l’Egypte, le Liban) ; de même que la Syrie, persuadée par son brillant passé d’être au cœur de l’arabité, n’a jamais pardonné la main mise française, en 1920, sous prétexte de « mandat » et sans aucune consultation populaire.</p>
<p><strong>Gilles Kepel</strong>, politologue, disposant d’une émission sur France-Culture (le jeudi matin) et d’un blog (<a href="http://gilleskepel.tumblr.com/">http://gilleskepel.tumblr.com/</a>), a beaucoup publié sur le monde arabe, dont récemment deux ouvrages sur l’Islam dans les quartiers populaires des villes françaises (« <em>Les banlieues de l’Islam </em>» et « <em>Quatre-vingt-treize</em>) mais aussi sur le « printemps arabe ». Dès 2000, son « <em>Jihad. Expansion et déclin de l’islamisme </em>» s’était imposé comme un livre de référence, même si sa parution au moment des attentats du 11 septembre avait semblé démentir la thèse de l’affaiblissement de l’islamisme. Un nouveau livre, « <em>Passion arabe (2011-2013) </em>» paru il y a quelques semaines à peine, mérite toute notre attention, aussi bien en raison de sa démarche – l’historien de l’immédiat  va sur les lieux mêmes de son champ d’investigation pour enquêter – que de son contenu. Dans ce livre, Gilles Kepel raconte comment durant les deux dernières années, il a parcouru une douzaine de pays arabes (Palestine, Israël, Égypte, Tunisie, Libye, Oman, Yémen, Qatar, Bahreïn, Arabie saoudite, Liban, Turquie, Syrie) et y a rencontré toutes sortes de personnes impliquées dans le « printemps arabe ». L’ouvrage est remarquablement écrit et se présente sous la forme d’un « journal », qui est, à la fois, un « journal de bord » et un « journal » personnel. Durant ce périple de deux ans, l’historien s’est fait collecteur de sources ; et sa démarche n’est pas sans rappeler celle d’Hérodote, le père de l’Histoire, notamment de l’Histoire immédiate. G.Kepel consigne tout ce qu’il voit et entend. Il rencontre toutes sortes de personnes : des élites (Premier ministre, grand romancier, porte-parole des Frères Musulmans…) mais aussi des gens du peuple, des laïcs, des salafistes, des modérés&#8230; Il y a chez lui une vraie faim de témoignages concrets, comme si, après quarante ans passés dans son bureau à écrire des synthèses, il avait besoin de retourner à l’analyse de terrain, aux mémoires individuelles, à la micro-histoire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous retrouvons ce même appétit pour le témoignage chez un autre brillant arabisant et islamologue, <strong>Mathieu Guidère</strong>, qui, après la publication d’ouvrages remarqués sur l’Islamisme et le Printemps arabe a souhaité, lui aussi, prendre son bâton de pèlerin et parcourir, durant l’été 2012, les principaux pays concernés par la vague révolutionnaire de 2011. Il en résulte un ouvrage original à multifacettes (« <em>Les cocus de la Révolution. Voyage au cœur du Printemps arabe </em>», Autrement, 2013), qui, entre deux analyses géopolitiques, rappelle les richesses des pays traversés (paysages, mosquées, musiques…), et révèle des aspects de la vie d’un enseignant-chercheur spécialisé en histoire immédiate, dans un domaine particulièrement controversé en France. Il consacre à ce sujet quelques lignes (p.150) à la période de l’Affaire Mérah pendant laquelle, enseignant à Toulouse, il a reçu « nombre de messages d’injure, de dénigrement, de calomnie, de diffamation, d’atteinte à la réputation, de harcèlement, de dénonciation et même des menaces de mort plus ou moins explicites ». A propos de chaque pays visité l’été dernier, il donne son impression dominante. En Égypte, il a été frappé par la forte présence, et la liberté de ton, des « télé-prédicateurs » : « Dieu est partout (…) Tout le monde envisage ou réclame l’application de la Charia ». La Libye l’inquiète : « tout le monde possède une arme (…) Le pays se cherche un destin après s’être débarrassé d’un tyran. Il faudra du temps ». En Tunisie, il revient sur la révolution, et souligne que celle-ci a entrainé pillages,  exactions et a suscité un retour au clanisme. Le nouveau régime se trouve menacé, tout à la fois, à l’extérieur, par les réfugiés libyens et les combattants d’AQMI, et, à l’intérieur, par les Salafistes et les Islamistes radicaux. Il confirme que l’Algérie demeure à l’écart de l’évolution des autres pays, même si les conflits sociaux sont nombreux. Les Islamistes ont été laminés aux élections de mai 2012, d’une part parce que « l’expérience islamiste en Algérie demeure ambiguë et suspecte aux yeux de la population » qui a en mémoire la décennie sanglante des années 1990, et parce que le Gouvernement, en augmentant les salaires et les aides, grâce à la manne pétrolière, peut acheter la paix sociale. Pour le Maroc, il décrit longuement la toute puissance du Makhzen, cette force para-militaire spécialisée dans le contrôle de la population, ainsi que l’affairisme de la Monarchie. Quant à la Syrie, le risque majeur est de voir sombrer le pays dans une libanisation, c’est à dire dans le confessionnalisme. « Après deux ans d’insurrection, l’alternative qui s’offre aux Syriens est ubuesque, observe Mathieu Guidère : d’un côté, un régime autoritaire et sanguinaire ; de l’autre, des rebelles armés et fanatisés ». Entre la peste et le choléra, il refuse de choisir. Il termine par une brève mise au point sur le Qatar, pays qu’il connaît bien, pour y avoir vécu avec ses parents. Pour lui, il faut combattre deux idées reçues concernant ce pays : le Qatar finance les Islamistes ; le Qatar achète la France. Il voit plutôt dans le Qatar le « joker diplomatique de la France » et le soutien de la tendance modérée islamiste, celle des Frères musulmans (alors que l’Arabie Saoudite finance la tendance salafiste).</p>
<p><strong><em>A nos yeux, même s’ils ne sont pas toujours d’accord entre eux (Gilles Kepel soutenant qu’il y a échec de l’islam politique et que l’on est déjà dans l’ère du post-islamisme alors que, pour Mathieu Guidère, l’ère de l’islamisme politique ne fait que commencer), ces spécialistes du monde arabe, qui accordent à l’Histoire une place prépondérante dans leur analyse, confirment avec talent qu’il est possible –et souhaitable- de pratiquer à chaud, sans se brûler les ailes, une histoire « immédiate ».</em></strong></p>
<p style="text-align: right;"><em> </em>Jean-François Soulet</p>
<p align="right">(avril 2013)</p>
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		<title>Journée des HARKIS 25 septembre 2012</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Sep 2012 09:43:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de la Journée nationale des Harkis (25 septembre 2012), le maire d&#8217;un petit village de Lorraine, ELZANGE,  a organisé une manifestation, en présence du préfet de Région et du sous-préfet, et a prononcé un discours que j&#8217;ai tout particulièrement apprécié. Le voici. Nous voilà réunis ici, à Elzange, comme il y a dix ans, pour honorer la mémoire des Harkis, ces hommes, qui, il y a plus de 50 ans, ont cru juste, de soutenir la cause française en Algérie, et l’ont fait, souvent, au péril de leur vie. C’est, pour nous tous Français de 2012, un vrai « devoir de mémoire ». Mais, avant de rappeler l’engagement des Harkis et leur terrible déconvenue finale, je voudrais, en quelques mots, évoquer aussi toutes les autres victimes de cet effroyable conflit qui a peut-être fait, au total, entre 300 000 et 400 000 morts, auxquels il convient d’ajouter des millions de blessés –physiquement et moralement. Je voudrais, aujourd’hui, cinquante ans après les événements, évoquer, sans aucun esprit partisan, l’ensemble des victimes du conflit : Je pense à nos adversaires du moment, poussés à la révolte, par l’injustice du système colonial algérien, depuis le début du XIXème siècle. Je pense à ces centaines de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>A l&#8217;occasion de la Journée nationale des Harkis (25 septembre 2012), le maire d&#8217;un petit village de Lorraine, ELZANGE,  a organisé une manifestation, en présence du préfet de Région et du sous-préfet, et a prononcé un discours que j&#8217;ai tout particulièrement apprécié. Le voici.</strong></em></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>Nous voilà réunis ici, à Elzange, comme il y a dix ans, pour honorer la mémoire des Harkis, ces hommes, qui, il y a plus de 50 ans, ont cru juste, de soutenir la cause française en Algérie, et l’ont fait, souvent, au péril de leur vie. C’est, pour nous tous Français de 2012, un vrai « devoir de mémoire ». Mais, avant de rappeler l’engagement des Harkis et leur terrible déconvenue finale, je voudrais, en quelques mots, évoquer aussi toutes les autres victimes de cet effroyable conflit qui a peut-être fait, au total, entre 300 000 et 400 000 morts, auxquels il convient d’ajouter des millions de blessés –physiquement et moralement.</p>
<p>Je voudrais, aujourd’hui, cinquante ans après les événements, évoquer, sans aucun esprit partisan, l’ensemble des victimes du conflit :</p>
<ul>
<li><strong>Je pense</strong> à nos adversaires du moment, poussés à la révolte, par l’injustice du système colonial algérien, depuis le début du XIXème siècle.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Je pense</strong> à ces centaines de milliers d’Européens, dénommés « pieds noirs », qui avaient été jetés depuis deux ou trois générations sur cette terre algérienne, qu’ils avaient travaillée et considéraient finalement comme la leur, et qui se sentirent « trahis », abandonnés par les gouvernements français, et obligés à un lamentable exil en métropole.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Je pense</strong> aussi aujourd’hui à ces millions de militaires français –engagés et appelés-, que l’on persuada de faire une guerre aux objectifs mal définis. 24 614 y laissèrent leur vie, et beaucoup plus leurs convictions morales.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Je pense</strong> enfin et surtout, aujourd’hui, aux 160 000 harkis, moghaznis, GMS, qui ont cru en la France et se sont engagés à ses côtés. Une France, qui après les avoir utilisés dans les tâches les plus meurtrières du conflit, les abandonna à leur sort lorsqu’elle quitta l’Algérie au printemps 1962.</li>
</ul>
<p>Seuls 42 500 d’entre eux purent trouver refuge en France métropolitaine,    grâce à des officiers courageux, bravant les directives gouvernementales. Aujourd’hui, avec leurs descendants, ils représentent une communauté de 500 000 personnes.</p>
<p>A l’époque, en 1957-1959, modeste sergent engagé en Algérie, j’ai eu, comme beaucoup d’entre vous le savent, l’honneur de commander pendant quelques mois une Harka en Kabylie. J’ai côtoyé de près ces hommes, certains jeunes, la plupart beaucoup plus âgés que moi, certains n’ayant pas l’expérience des armes, d’autres ayant servi avec honneur durant la Seconde guerre mondiale. J’ai senti, au début, leur méfiance à mon égard, mais, très vite, nous avons établi entre nous des liens de confiance, que je n’ai jamais oubliés.</p>
<p>Aujourd’hui, en 2012, il est facile pour la jeune génération d’ironiser sur la sincérité de l’engagement des harkis. Il n’est certainement pas faux d’affirmer que, souvent, on exerça sur eux des pressions ; qu’on les alléchât par des primes, mais il serait malhonnête de réduire à cela leurs motivations. Beaucoup, j’en suis persuadé, en s’engageant aux côtés des Français ont eu le sentiment de choisir la voie la meilleure pour leur avenir et celui de leur peuple.</p>
<p>Et une telle idée n’était nullement saugrenue.</p>
<p>Si l’indépendance était fatale et souhaitable, il n’était pas fatal qu’elle se déroulât dans les conditions dans lesquelles elle a eu lieu, par la faute des extrémistes des deux camps.</p>
<p>Il aurait pu, il aurait du y avoir au sein du nouvel Etat une juste place pour les Harkis comme pour les pieds noirs. Ce fut hélas !, on le sait tout le contraire !</p>
<p>Osons dire cinquante ans après les faits, que le massacre des Harkis en 1962 restera pour les deux pays, la France et l’Algérie, une tâche indélébile.</p>
<p>Et sans pouvoir réparer ces malheurs, <strong>que la France de 2012 témoigne, au moins, aux rescapés, son respect et sa gratitude. C’est pourquoi nous sommes là aujourd’hui</strong>.</p>
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		<title>EN CROATIE ET EN BOSNIE, PRINTEMPS 2012  CHOSES VUES… ET PAS VUES</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Jun 2012 12:04:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[Aller visiter des pays comme la Croatie et la Bosnie où, il y a à peine vingt ans, des populations se sont très violemment heurtées, peut paraître malsain, suspect de voyeurisme. Trois raisons nous ont personnellement motivé : un intérêt général pour les phénomènes de dissidence dans les anciens Etats communistes ; la volonté de mieux comprendre, en allant sur les lieux mêmes, des événements que nous avons vécus intensément, par la participation de proches et d’amis ; le souhait d’apprécier l’évolution des rapports entre ces peuples dans le cadre des accords de Dayton (1995). Reconnaissons, au terme du voyage, que cet ambitieux objectif n’a été qu’en partie rempli, faute de temps, et faute d’interlocuteurs susceptibles d’exposer franchement leurs points de vue. Le bilan n’est pas pour autant négatif ; nous ne rentrons pas les mains vides. Il existe, aujourd’hui, dans les deux pays visités des « choses visibles » qui ne nous ont pas échappé ; mais il faut reconnaître avec humilité que ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg et que bien des aspects nous restent obscurs. Nous pensons, par exemple, aux réseaux commerciaux clandestins plus ou moins mafieux, très présents dans toute la Bosnie, mais dont nous n’aurons que de très faibles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/06/P1030310.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-131" title="P1030310" src="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/06/P1030310-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Aller visiter des pays comme la Croatie et la Bosnie où, il y a à peine vingt ans, des populations se sont très violemment heurtées, peut paraître malsain, suspect de voyeurisme. Trois raisons nous ont personnellement motivé : un intérêt général pour les phénomènes de dissidence dans les anciens Etats communistes ; la volonté de mieux comprendre, en allant sur les lieux mêmes, des événements que nous avons vécus intensément, par la participation de proches et d’amis ; le souhait d’apprécier l’évolution des rapports entre ces peuples dans le cadre des accords de Dayton (1995).</p>
<p>Reconnaissons, au terme du voyage, que cet ambitieux objectif n’a été qu’en partie rempli, faute de temps, et faute d’interlocuteurs susceptibles d’exposer franchement leurs points de vue. Le bilan n’est pas pour autant négatif ; nous ne rentrons pas les mains vides. Il existe, aujourd’hui, dans les deux pays visités des « choses visibles » qui ne nous ont pas échappé ; mais il faut reconnaître avec humilité que ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg et que bien des aspects nous restent obscurs. Nous pensons, par exemple, aux réseaux commerciaux clandestins plus ou moins mafieux, très présents dans toute la Bosnie, mais dont nous n’aurons que de très faibles échos. Comme on nous l’a dit en nous faisant visiter Brcko : « il y a, ici, des frontières officielles et des frontières invisibles » !</p>
<p>Commençons par ce qui est très visible et nous a frappé d’emblée : les inégalités économiques entre les ex-républiques yougoslaves. Autant la Croatie, en dépit de ses problèmes conjoncturels, nous est apparue pimpante et lustrée comme un sou (germanique !) neuf, autant la Bosnie-Herzegovine donne le sentiment de ne pas avoir surmonté les difficultés d’un pays montagneux, sans richesses naturelles, essentiellement agricole et profondément atteint par la récente guerre civile. Dans nombre de bourgs et de villes de Bosnie, bien des maisons et des immeubles restent criblés d’impacts d’obus. A la campagne, beaucoup de maisons sont reconstruites depuis peu comme l’indiquent les tuiles neuves des toits et les façades non crépies qui laissent apparaître briques ou moellons. Le niveau de vie est bas et ne s’améliore pas ; Les salaires moyens oscilleraient entre 200 et 300 euros par mois. Certes, les deux pays ont reçu et reçoivent des aides substantielles de l’étranger ; citons, entre autres, l’Union européenne (pour la reconstruction du centre de Vukovar ou du quartier du fameux pont de Mostar), ou l’Arabie Saoudite (centre culturel de Mostar, restaurations et édifications de mosquées). Des mafias –notamment russes- investissent massivement dans certains Etats, en  particulier sur la côte du Montenegro, mais, dans ce cas, les profits majeurs échappent aux populations locales.</p>
<p>Autre élément également très visible et… prévisible, l’extrême vigueur du sentiment national dans les différentes entités. Ce nationalisme s’exprime de mille manières. En Croatie, par exemple, tout ce qui rappelle l’histoire ancienne de la nation est privilégié.  Les musées sont légion, logés le plus souvent dans de superbes immeubles néo-renaissance de la fin du XIX° et du début du XXème siècles. Zagreb, à elle seule, abrite un musée des Arts décoratifs, un musée ethnographique, un musée archéologique, un musée des Techniques, un musée d’art moderne, un musée des Maîtres anciens (la fameuse galerie Strossmayer), le polyvalent musée Mimara, sans compter de somptueuses archives nationales. Le drapeau national flotte partout. Sur l’esplanade de la place du Ban-Jelacica ou dans les allées ombragées de la place Zrinski, tout près du kiosque à musique, on croise de jeunes comédiens vêtus à la mode de l’époque François-Joseph ou en costume populaire national. Comme à Londres, a lieu régulièrement dans la ville haute, place Saint-Marc, siège des institutions nationales (gouvernement, parlement, présidence de la République…), la spectaculaire relève de la garde par des hommes du fameux « Régiment des Cravates ». Avenues, rues, places, ponts égrènent des noms de personnalités dont deux dominent largement dans les grandes cités comme dans les bourgs : celui de l’archevêque Strossmayer (1815-1905), dont le Musée qui lui est consacré à Djakovo, loue l’action culturelle et politique proprement croate, mais se montre beaucoup plus discret sur son projet d’unification des Slaves du sud (dans lequel il utilise déjà le terme « yougoslave »). L’autre personnalité très célébrée est Franjo Tudjman,  premier président de la République de Croatie indépendante pendant les années 1990, principal artisan avec le président serbe Slobodan Milosevic, de la disparition de la Yougoslavie.</p>
<p>En Bosnie-Herzegovine, l’affirmation identitaire est évidemment plus complexe. Rares sont les drapeaux bosniens : de couleur bleue avec un triangle isocèle jaune en leur centre (les trois pointes du triangle symbolisant les trois peuples : Bosniaques, Croates et Serbes) et sept étoiles blanches (l’Europe). Dans la partie de la République serbe de Bosnie (« Republika Srpska »), c’est un drapeau à trois bandes horizontales (rouge, bleu et blanc) identique à celui de la République de Serbie (sceau en moins) qui est omniprésent. Dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine (ex Fédération croato-musulmane), les écussons à damiers rouges et blancs sont fréquents dans les zones habitées par des Croates, tandis que le lys bosniaque (drapeau de la Bosnie-Herzegovine pendant la guerre de 1992-1995) orne les tombeaux des victimes musulmanes.</p>
<p>Les lieux de mémoire consacrés aux guerres des années 1990 sont nombreux sans être  obsédants. Simples <strong><em>plaques</em></strong> commémoratives apposées, par exemple, à Zagreb, sur l’immeuble de la présidence de la République, rappelant l’attentat qui, le 7 octobre 1991, faillit coûter la vie  à F. Tudjman ; ou à Sarajevo, place de Markale, où, par deux fois (5 février 1994 et 28 août 1995), des obus firent 68 et 37 victimes. <strong><em>Fresques</em></strong> peintes sur des murs en bordure de route, à Vinkovci, à la mémoire de 12 policiers Croates assassinés en mai 1991 par des para militaires serbes. Immenses <strong><em>cimetières</em></strong> à Srebrenica et à Vukovar où ont été rassemblées les victimes croates et musulmanes des opérations de « purification ethnique » serbes : hallucinante succession de tombes rigoureusement identiques, différenciées seulement par les noms gravés sur les stèles. <strong><em>Monuments</em></strong><em> </em>très sobres, comme à Trebinje, où de très hautes stèles de marbre disposées en quinconce, sur un fond de mur en béton, portent les noms de près de trois cents soldats serbes tués aux combats dans la région toute proche de Dubrovnik. <strong><em>Musée-Mémorial </em></strong>d’Ovcara près de Vukovar, installé sur les lieux mêmes où ont été regroupées avant d’être assassinées 260 personnes. L’un des hangars où furent entassés les prisonniers (une ferme industrielle spécialisée dans l’élevage des porcs) a été transformé en mémorial : sur les murs, des photos des victimes, et, au centre de la pièce, très assombrie, se déroule, en spirale, un défilé lumineux des noms des suppliciés. Modeste « <strong><em>musée</em></strong> du siège » au premier étage d’une maison particulière du centre de Sarajevo, présentant des photos et une vidéo sur les quatre années de blocus serbe (avril 1992-février 1996) durant lesquelles périrent 11541 civils…</p>
<p><a href="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/06/P1030217.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-132" title="P1030217" src="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/06/P1030217-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>On est quelque peu étonné de la distance et de l’apparente sérénité avec lesquelles, à peine vingt ans plus tard, sont évoqués des drames aussi épouvantables que ceux de Sarajevo, Vukovar (2000 à 3000 personnes) et de Srebrenica (8372 victimes). On aurait tort, sans doute, d’en conclure que les haines ont disparu et que les rancœurs se sont apaisées. Le silence, la discrétion et la dignité ne signifient pas l’oubli. A certaines occasions, on devine le ressentiment. Tel ce Bosnien d’origine serbe, qui ne cesse de nous affirmer qu’il n’est pas nationaliste, mais glisse très vite dans la conversation qu’il y a des soi-disant « victimes » de Srebrenica qui vivent très bien au Canada ou que les Bosniaques sont en accointance avec Al-Qaïda. La rancœur ne s’exprime pas seulement entre les différentes populations de Bosnie mais aussi à propos de la gestion du conflit par les puissances étrangères. C’est dans cet esprit que nous avons interprété un texte gravé –en serbo-croate et en anglais- au bas d’une sculpture – intitulée « vie »- d’une place de Banja Luka : « <em>En mai-juin 1992, durant la guerre civile en Bosnie-Herzegovine, 14 bébés nés à la maternité de l’hôpital de Banja Luka, avaient besoin d’oxygène. Malheureusement, il ne fut pas possible d’en fournir ni par terre –l’environnement était hostile- ni par air, en raison de l’interdiction du Conseil de Sécurité de survoler la Bosnie-Herzegovine. La cruauté des puissances mondiales aboutit à l’anéantissement de ces jeunes vies, une par une. 12 bébés quittèrent alors ce monde. Le treizième bébé perdit la bataille pour vivre 14 ans plus tard, tandis que l’incident laissa un quatorzième avec des séquelles qu’il eut à supporter le reste de sa vie. Cette situation atroce prit fin grâce au courage de nos pilotes et aux brillantes actions de l’armée de la République serbe, qui rétablit les liaisons routières avec la Serbie ».</em></p>
<p>Aujourd’hui, les anciens adversaires se côtoient mais se mélangent le moins possible. Lors de la visite du district de Brcko, au nord-est de la Bosnie, qui est une collectivité territoriale autonome et neutre de Bosnie-Herzegovine, n’appartenant ni à la Fédération de Bosnie et Herzégovine, ni à la République serbe de Bosnie, on nous parle de « frontières invisibles » qui séparent les unes des autres, les communautés serbes, croates et musulmanes. Dans ce district très spécial, les enfants des trois communautés fréquentent des écoles distinctes durant les classes primaires, mais se retrouvent en principe, vers dix-onze ans, au sein d’un même collège. En fait, nous dit-on, ces établissements secondaires mixtes n’existent vraiment que sur le papier ; il est impossible de faire admettre aux parents que les programmes d’histoire ou de littérature puissent être rigoureusement les mêmes.</p>
<p>Cet échec de la mixité scolaire –nullement atténué par l’existence exceptionnelle d’établissements comme le <em>United World College</em> de Mostar où Croates, Musulmans et jeunes de toutes nationalités étudient ensemble- est significatif de l’échec d’une réconciliation effective entre les différentes composantes de la population bosnienne. La cohabitation est encore possible en ville (Sarajevo compterait 85% de Bosniaques et 15% de Serbes ; de même que des Musulmans habitent à Mostar-Ouest). Mais, en zones rurales, le cloisonnement ethnique est effectif, et de nombreuses maisons abandonnées par les minorités restent à vendre, souvent en fort mauvais état, et à des prix bradés qui n’excèderaient pas parfois 10000 euros.</p>
<p><a href="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/06/P1030231.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-133" title="P1030231" src="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/06/P1030231-300x183.jpg" alt="" width="300" height="183" /></a>A l’évidence, les Serbes de Bosnie-Herzegovine restent toujours persuadés que leur avenir passe par leur rattachement à la Serbie, tout comme les Croates regardent vers la Croatie. La seule différence est que les premiers, les Serbes, sont encouragés par la Serbie, alors que la Croatie est plus discrète et se satisfait assez bien de la configuration actuelle. Comme devait nous le marteler l’un de nos interlocuteurs à Sarajevo, il est naïf de s’étonner de l’absence d’un rapprochement entre les différentes communautés de Bosnie-Herzegovine, car les fameux Accords de Dayton, s’ils ont eu le mérite d’entériner la fin des combats, se sont bornés à prendre en compte les positions des uns et des autres, sans tenter de mettre en place un système permettant de les faire évoluer. Les institutions, fondées sur ces Accords, sont d’une rare complexité et ne font que juxtaposer des pouvoirs entre les trois communautés. Rien n’a donc vraiment changé depuis vingt ans, et rien ne peut changer dans de telles conditions. « C’est, nous explique-t-on, comme si l’ONU avait placé dans un même bocal des poissons verts et des poissons rouges, mais en les séparant par une plaque transparente. Comment, dès lors, pourrait-on s’étonner aujourd’hui que ces poissons ne se soient toujours pas mélangés ! ».</p>
<p>Même la langue, nous dit-on, a tendance à s’altérer, chaque communauté y introduisant des mots propres (souvent d’origine germanique chez les Croates, ou d’origine ottomane chez les Bosniaques). En Croatie, on met fièrement en exergue, chaque fois qu’on le peut, le glagolitique, le plus vieil alphabet slave, employé couramment dans le pays au Moyen Age. Quant aux différentes religions ou courants religieux, loin de contribuer à réunir les communautés, elles jouent plutôt la concurrence. On a le sentiment d’une multiplication des lieux de culte (mosquées et églises) et, surtout, d’une frénésie ostentatoire de ces derniers ; citons notamment la superbe cathédrale orthodoxe serbe du Christ Sauveur, inaugurée en 2009 dans le centre de Banja Luka, aux murs en travertins rouge et or, surmonté d’un clocher de près de 50 mètres ; la gigantesque église catholique de Mostar édifiée par des Franciscains dissidents, soucieux, dit-on, de concurrencer l’église séculière locale, et son édifice principal, inauguré en 2001, dont le fin clocher monte très haut dans le ciel de Mostar, comme pour renforcer la domination de la croix placée au sommet de la colline qui borde Mostar-Ouest… Développement, aussi, de lieux de pèlerinages : <em>musulman</em>, à Prusac, en Bosnie centrale et à Blagaj, à 14 km de Mostar, aux sources de la Buna ; <em>orthodoxe</em>, à Trebinje, sur la colline Crkvina qui domine la ville de 100 m, où a été construite une puissante église sur le modèle du monastère de Gracanica au Kosovo ; <em>catholique</em>, à Podmilačje (à 10km de Jajce), célébration de Saint-Jean ; à Medjugorje, à 29 km de Mostar, à la suite d’apparitions de la Vierge à des enfants en 1981, pèlerinage en plein expansion (très nombreux pèlerins italiens) pris totalement en mains par les Franciscains, sans être pour autant reconnu par le Vatican.</p>
<p>Face à ces fortes tendances centrifuges et délétères, on observe peu de forces unitaires et  positives. Tito, symbole de la Yougoslavie d’antan, n’est pas totalement oublié. Quelques fidèles se rassemblent sous son nom et les grandes villes de Croatie ou de Bosnie (Sarajevo par exemple) ont leur « avenue du Maréchal Tito », mais le Yougoslavisme paraît bien mort. L’idée européenne pourrait-elle contribuer à rapprocher les Slaves du sud ? Rien n’est moins sûr.  Certes, les ex-républiques de Yougoslavie aspirent à pénétrer dans l’Union ; c’est chose faite pour la Slovénie depuis 2003 ; l’entrée de la Croatie est programmée pour 2013 ; la Serbie est reconnue comme candidate depuis mars 2012, et la Bosnie-Herzegovine et le Kosovo comme « candidats potentiels ». Du point de vue monétaire, on est déjà, en pratique, dans la zone euro L’Union européenne a aidé et aide financièrement la reconstruction et la « mise à niveau économique » des états candidats. Mais la persistance des divisions entre les communautés, qui s’ajoute aux difficultés économiques et au développement de réseaux mafieux, ne pousse pas à l’optimisme.</p>
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<p align="right">Jean-François Soulet</p>
<p align="right">(15 juin 2012)</p>
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		<title>TOURISTES ET «PRINTEMPS ARABE» EN JORDANIE</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 07:24:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Qu’on n’en ait conscience ou pas, l’actualité très martelée par la télévision et les divers réseaux d’Internet, se dispute désormais à l’histoire dans la curiosité du touriste de 2012. Tout touriste, par exemple, se rendant aujourd’hui, en Egypte, consacre toujours une partie de son temps aux Pyramides, mais veut aussi visiter les hauts lieux du récent « printemps arabe » comme la place Tarik. Le satisfait-on ? Rien n’est moins sûr. La politique n’a jamais fait bon ménage avec le tourisme. Du temps de Franco, des centaines de milliers de Français bronzaient durant trois à quatre semaines sur les plages de la Costa Brava sans avoir la moindre information sur les abus du régime et sur ce qui se passait dans les commissariats et les prisons. Que dire du tourisme dans les ex-pays soviétiques, totalement pris en charge par des guides experts en manipulations ! Je reviens, en ce printemps 2012, d’un petit séjour en Jordanie en compagnie d’une vingtaine d’amis. L’objet du voyage était éminemment culturel, et le groupe était doté d’un conférencier français spécialiste des temps bibliques et des périodes les plus anciennes. Des vestiges gréco-romains de Jérash et du complexe byzantin d’Umm Rassas aux fameux tombeaux nabatéens de Pétra, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/05/P1020992.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-128" title="P1020992" src="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/05/P1020992-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
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<p>Qu’on n’en ait conscience ou pas, l’actualité très martelée par la télévision et les divers réseaux d’Internet, se dispute désormais à l’histoire dans la curiosité du touriste de 2012. Tout touriste, par exemple, se rendant aujourd’hui, en Egypte, consacre toujours une partie de son temps aux Pyramides, mais veut aussi visiter les hauts lieux du récent « printemps arabe » comme la place Tarik. Le satisfait-on ? Rien n’est moins sûr. La politique n’a jamais fait bon ménage avec le tourisme. Du temps de Franco, des centaines de milliers de Français bronzaient durant trois à quatre semaines sur les plages de la Costa Brava sans avoir la moindre information sur les abus du régime et sur ce qui se passait dans les commissariats et les prisons. Que dire du tourisme dans les ex-pays soviétiques, totalement pris en charge par des guides experts en manipulations !</p>
<p>Je reviens, en ce printemps 2012, d’un petit séjour en Jordanie en compagnie d’une vingtaine d’amis. L’objet du voyage était éminemment culturel, et le groupe était doté d’un conférencier français spécialiste des temps bibliques et des périodes les plus anciennes. Des vestiges gréco-romains de Jérash et du complexe byzantin d’Umm Rassas aux fameux tombeaux nabatéens de Pétra, tout fut visité,  observé et commenté. Le guide local, qui nous accompagnait durant le voyage, se joignait volontiers au conférencier pour décrire ces sites historiques, mais manifestait, en revanche, une étrange discrétion sur la période la plus récente du Royaume de Jordanie. Certes, il résuma succinctement les règnes d’Abdallah 1<sup>er</sup> et de Hussein, mais « oublia » d’indiquer l’entente (aujourd’hui acceptée par la plupart des historiens) entre le roi Abdallah et les dirigeants du peuple juif en 1947 (ce qui devait permettre à Israël de ne pas être harcelée par l’armée transjordanienne, et à Abdallah 1<sup>er</sup>, de mettre la main sur la Cisjordanie). L’épisode majeur de « septembre noir » en 1970, qui vit se développer une guerre civile très meurtrière entre l’armée jordanienne et les Fedayins palestiniens, nous fut à peine mentionné. A une question posée par l’un d’entre nous sur les émeutes contre l’augmentation des prix à Kerak en 1996 (citée dans l’ouvrage de Julien Bousac), le guide répondit que c’était une erreur et que l’on devait vouloir parler d’une révolte survenue en 1989 à Ma’an, dans le sud du pays, parmi les Bédouins, révolte, nous dit-il, très vite calmée grâce à la diplomatie du roi Hussein venu négocier sur place avec les insurgés.</p>
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<p>Quant au « Printemps arabe » proprement dit pas un mot ou presque. On nous dit qu’il arrive fréquemment, le vendredi après-midi à Amman, que devant la principale Mosquée, des groupes se rassemblent et « discutent de choses et d’autres » ; puis «  les gens se séparent tranquillement et s’en vont passer le week-end au bord de la Mer Morte ». Et les Frères Musulmans ? « ils montent, affirme le guide, mais ils vont descendre dans les prochaines années »… !  Et la Monarchie, symbolisée par l’omniprésence des portraits de Hussein, Abdallah II et du jeune héritier du trône ? «  Elle est, nous répond-on, estimée par la plupart des Jordaniens. Elle occupe un vaste quartier d’Amman et finance de nombreuses fondations sociales ». Et la Syrie, dont l’ambassade à Amman, est gardée par une armada de militaires armés jusqu’aux dents ? « Il y a des réfugiés, nous dit-on, qui peuvent facilement passer en Jordanie, d’autant que beaucoup de familles ont des membres habitant de part et d’autre de la frontière…</p>
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<p>Comme on peut en juger à partir de cette bien maigre récolte de renseignements, l’histoire immédiate est, pour les guides locaux, presque totalement taboue. Il ne reste donc aux touristes curieux des réalités du pays qu’à fouiller la presse nationale ; mais les médias sont peu présents dans les hôtels, et les kiosques sont rares. Nous n’avons consulté que le seul quotidien en anglais, <em>The Jordan Times</em>, que nous avons trouvé assez bien informé. Prenons, par exemple, le numéro du 13 mai. A la une, on trouve des nouvelles de Syrie, qui reprennent des dépêches de l’agence Reuters  de Beyrouth. Dans les pages intérieures, deux articles sont consacrés à des manifestations récentes en Jordanie : les unes pour la défense des handicapées, réprimées avec dureté par la gendarmerie ; les autres, recensées dans plusieurs villes, qui exigeaient le départ du nouveau Premier ministre Fayez Tarawneh, désigné le 26 avril par le roi pour former un nouveau gouvernement, en remplacement du libéral Aoun Shawkat al-Khassawneh, chargé de faire avancer les réformes, démissionnaire. Parmi les manifestants, <em>The Jordan Times</em> signale quelques 500 militants des Frères Musulmans, qui ont appelé à la formation d’un gouvernement de Salut public, regroupant les principales forces politiques. Durant ces manifestations, on a réclamé la fin des poursuites contre les journalistes par la Cour de Sécurité de l’Etat, en scandant : « Pas de réforme sans la liberté de la presse ». Protestations également contre l’augmentation des prix et la privatisation d’industries d’Etat.</p>
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<p>Au total, on réalise, en parcourant simplement un quotidien, combien les touristes sont tenus à l’écart des problèmes socio-politiques du pays. Après un séjour plus ou moins long, ils quittent le pays sans avoir une idée des pressions qu’exercent notamment les Islamistes (Mouvement Islamique Jordanien et Front d’Action Islamique) sur le gouvernement afin d’obtenir des réformes constitutionnelles et sociales ; et sans avoir pris conscience du « bras de fer » (Mathieu Guidère) que mènent les Frères musulmans avec le roi. Cette occultation frileuse des réalités politiques du moment est vaine (le touriste ayant ses propres sources de renseignement) et ne peut que donner une image négative du régime.</p>
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<p align="right">Jean-François Soulet</p>
<p align="right">(17 mai 2012)</p>
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		<title>A  PROPOS DE L’OUVRAGE «TERRES DE SANG» de l’historien américain Timothy SNYDER</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 15:49:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[  Dans un gros ouvrage de 712 pages (éditions Gallimard), qui fera date dans l’historiographie est-européenne, l’historien américain Timothy Snyder, professeur d’histoire de l’Europe de l’Est à l‘université Yale, montre que nous n’avons encore, 70 à 80 ans après les faits, qu’une vision partielle des méfaits des Nazis et des Soviétiques avant et pendant la Seconde guerre mondiale. D’assez nombreux témoignages nous relatent, en effet, les forfaits des Allemands dans les camps de concentration et les forfaits des Soviétiques au Goulag. Mais, ces lieux, nous dit Timothy Snyder, ne sont certainement pas ceux où se sont déroulés les plus horribles des méfaits. Ils occultent une zone de tueries, qui s’est étendue de la Pologne centrale à la Russie occidentale en passant par l’Ukraine, la Biélorussie et les pays Baltes, à propos de laquelle nous avions peu de renseignements jusqu’à l’ouverture des archives, car l’histoire de ces terres était fractionnée en histoires nationales cloisonnées. C’est pourtant à cet endroit de l’Europe – que Timothy Snyder  appelle les « terres de sang »- qu’ont été massacrés (par balles, par la famine, par le gaz) 14 millions de personnes (Juifs, Polonais, Ukrainiens, Biélorusses, Baltes…) entre 1933 et 1945. La nouveauté est beaucoup moins dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong><br />
</strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><a href="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/04/Numériser1.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-115" title="Numériser" src="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/04/Numériser1-178x300.jpg" alt="" width="178" height="300" /></a></p>
<p>Dans un gros ouvrage de 712 pages (éditions Gallimard), qui fera date dans l’historiographie est-européenne, l’historien américain Timothy Snyder, professeur d’histoire de l’Europe de l’Est à l‘université Yale, montre que nous n’avons encore, 70 à 80 ans après les faits, qu’une vision partielle des méfaits des Nazis et des Soviétiques avant et pendant la Seconde guerre mondiale. D’assez nombreux témoignages nous relatent, en effet, les forfaits des Allemands dans les camps de concentration et les forfaits des Soviétiques au Goulag. Mais, ces lieux, nous dit Timothy Snyder, ne sont certainement pas ceux où se sont déroulés les plus horribles des méfaits. Ils occultent une zone de tueries, qui s’est étendue de la Pologne centrale à la Russie occidentale en passant par l’Ukraine, la Biélorussie et les pays Baltes, à propos de laquelle nous avions peu de renseignements jusqu’à l’ouverture des archives, car l’histoire de ces terres était fractionnée en histoires nationales cloisonnées. C’est pourtant à cet endroit de l’Europe – que Timothy Snyder  appelle les « terres de sang »- qu’ont été massacrés (par balles, par la famine, par le gaz) 14 millions de personnes (Juifs, Polonais, Ukrainiens, Biélorusses, Baltes…) entre 1933 et 1945.</p>
<p>La nouveauté est beaucoup moins dans les faits cités (famine ukrainienne, Holocauste, affamement des prisonniers soviétiques…) que dans les liens intelligemment établis par l’historien américain : liens entre les faits, entre les lieux de tueries, entre les populations qui en sont victimes et entre le régime soviétique et le régime nazi. Sans crainte d’être accusé d’amalgame ou de révisionnisme, il décrit les machiavéliques ambitions des deux régimes pour maîtriser ces territoires mais aussi éliminer des groupes ethniques. Il n’y a pas à ses yeux, un totalitarisme plus excusable l’un que l’autre ; ils convergent  tous deux dans l’horreur absolue. Timothy Snyder n’a pas peur, non plus, d’affirmer que si, sur ces « terres de sang », les Juifs ont payé le prix fort, il serait scandaleux d’oublier les autres populations victimes, notamment les Polonais, les Ukrainiens et les Baltes.</p>
<p>Il est dommage que l’auteur, focalisé sur la période 1930-1945, n’ait pas rappelé en quelques pages, comme j’en avais ressenti la nécessité dans mon <em>Histoire de l’Europe de l’Est</em> (Chapitre 1), que la zone des « terres de sang » avait déjà été « farouchement disputée durant des siècles ».</p>
<p>Un heureux hasard a voulu que lorsque l’ouvrage de Timothy m’est parvenu, j’étais en train de lire le journal de Zygmunt Klukowski, <em>Une telle monstruosité</em> (Calmann-lévy). Ce journal d’un médecin polonais tenu entre 1939-1947 illustre remarquablement l’ouvrage de Timothy Snyder. Directeur d’hôpital dans une petite ville de l’est de la Pologne, dans la fameuse zone des « terres de sang », Zygmunt Klukowski décrit le terrible génocide des juifs, qui se déroule sous ses yeux, mais aussi la féroce répression à l’encontre des Polonais non juifs, notamment les élites, systématiquement massacrées. Il témoigne aussi des horreurs perpétrées à la fois par les Nazis et les Soviétiques.</p>
<p>Ces deux ouvrages confirment qu’en 2011 encore, l’histoire de l’Europe de l’Est durant la terrible période de la Seconde guerre mondiale est loin d’être définitivement écrite.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Jean-François Soulet</strong></p>
<p align="right">(mai 2012)</p>
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		<item>
		<title>DU NOUVEAU SUR L’HISTOIRE IMMÉDIATE DE LA BULGARIE</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 13:55:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; La Bulgarie appartient à la « terra incognita » des Français. Si certains ont passé quelques jours dans les « usines à bronzer » que, depuis des décennies, la Bulgarie propose aux touristes sur les bords de la Mer Noire, la plupart ignorent tout de ce pays. Le plus grave est que la communauté scientifique française ne s’y intéresse pas davantage. L’histoire, en général, et l’histoire immédiate, en particulier, est très négligée. C’est pourquoi, il paraît utile de signaler quelques travaux édités, plus ou moins récemment, en français. Dès 2001, a paru dans une collection que nous co-dirigeons avec Jean-Paul Courbon aux Editions L’Harmattan (Le Monde en transition), une synthèse de deux professeures de l’Université de Sofia, Evguenia Kalinova et Iskra Baeva : La Bulgarie contemporaine entre l’Est et l’Ouest. Ce volume n’a pas eu l’audience méritée. Premier livre à paraître en français sur la période communiste en Bulgarie, il expose, en effet, avec clarté et distance, les traits particuliers du système bulgare de 1944 à 1989, et les circonstances de sa désagrégation. Dans quelques semaines, paraîtra en auto-édition, une somme intitulée Histoires Bulgares de Ghislain Garlatti. Celle-ci comprend trois contributions : Révolution et Contre-Révolution (bref rappel de l’histoire de la Bulgarie communiste et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center">
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<p><a href="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/04/NumériserBulgares-19922.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-111" title="NumériserBulgares 1992" src="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/04/NumériserBulgares-19922-300x195.jpg" alt="" width="300" height="195" /></a>La Bulgarie appartient à la « terra incognita » des Français. Si certains ont passé quelques jours dans les « usines à bronzer » que, depuis des décennies, la Bulgarie propose aux touristes sur les bords de la Mer Noire, la plupart ignorent tout de ce pays. Le plus grave est que la communauté scientifique française ne s’y intéresse pas davantage. L’histoire, en général, et l’histoire immédiate, en particulier, est très négligée. C’est pourquoi, il paraît utile de signaler quelques travaux édités, plus ou moins récemment, en français.</p>
<p>Dès 2001, a paru dans une collection que nous co-dirigeons avec Jean-Paul Courbon aux Editions L’Harmattan (<em>Le Monde en transition</em>), une synthèse de deux professeures de l’Université de Sofia, Evguenia Kalinova et Iskra Baeva : <em>La Bulgarie contemporaine entre l’Est et l’Ouest</em>. Ce volume n’a pas eu l’audience méritée. Premier livre à paraître en français sur la période communiste en Bulgarie, il expose, en effet, avec clarté et distance, les traits particuliers du système bulgare de 1944 à 1989, et les circonstances de sa désagrégation.</p>
<p>Dans quelques semaines, paraîtra en auto-édition, une somme intitulée <em>Histoires Bulgares </em>de Ghislain Garlatti. Celle-ci comprend trois contributions : <em>Révolution et Contre-Révolution</em> (bref rappel de l’histoire de la Bulgarie communiste et post-communiste) ; une analyse des représentations du dictateur Todor Jivkov dans son pays ; et un essai sur les manuels d’histoire bulgare depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Cette trilogie, qui utilise efficacement les techniques de la linguistique, de la sémiologie et de l’informatique, éclaire bien les caractères originaux de la période communiste en Bulgarie. Son auteur, un jeune historien (<a href="http://ghislain.garlatti.pagesperso-orange.fr/">http://ghislain.garlatti.pagesperso-orange.fr/</a>) passionné par ce pays a créé un site</p>
<p>(<a href="http://bulgariehistoire.free.fr/">http://bulgariehistoire.free.fr</a>) consacré à l’histoire immédiate de la Bulgarie, et où sera mis en vente, sous peu, l’ensemble de ses recherches.</p>
<p>Signalons, aussi, même si la publication date de l’automne 2008, le numéro spécial de la revue <em>Hommes et Migrations</em> (éditée par la Cité nationale de l’histoire de l’immigration) consacré aux <em>Minorités et migrations en Bulgarie</em>, avec dix articles dont un sur les Pomaks (ou Bulgares musulmans) ; l’ensemble étant disponible sur le site de la revue, en format PdF : <a href="http://www.hommes-et-migrations.fr/index.php?/numeros/minorites-et-migrations-en-bulgarie/5103-les-pomaks-ou-bulgares-musulmans">http://www.hommes-et-migrations.fr/index.php?/numeros/minorites-et-migrations-en-bulgarie/5103-les-pomaks-ou-bulgares-musulmans</a></p>
<p>Persuadé de plus en plus que l’Histoire ne doit jamais dédaigner a-priori la fiction, car le romancier peut mieux rendre compte de certaines situations, notamment de l’indicible, je terminerai ce billet en conseillant deux romans sur la Bulgarie communiste : <em>Mausolée</em> de Rouja Lazarova, Flammarion, 2009 (le régime communiste, depuis son installation jusqu’à sa désagrégation, vécu par une femme traumatisée) ; et <em>Le porc-épic</em> (1993, Denoël) du romancier britannique Julian Barnes qui, avec beaucoup de force, fait revivre, sous les traits du dictateur Petkanov, la fin de l’aventure de Todor Jivkov.</p>
<p align="right">Jean-François Soulet</p>
<p align="right">(avril 2012)</p>
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		<item>
		<title>Hommage à Guy Pervillé, historien de l&#8217;Algérie contemporaine</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 16:36:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[Le dernier numéro de la revue Cahier d’histoire immédiate (N°40, automne 2011) est entièrement consacré à un hommage à Guy Pervillé, directeur du Groupe de Recherche en Histoire Immédiate (GRHI), qui vient de prendre sa retraite d’Universitaire. Depuis sa thèse sur « les étudiants algériens de l’Université française, 1880-1962 », publiée une première fois en 1984, Guy Pervillé n’a cessé de travailler sur la colonisation française, en particulier sur l’Algérie. Par ses cours et ses directions de recherche, aux universités de Rouen, Limoges, Bordeaux, Nice puis Toulouse, ainsi que ses nombreux travaux, dont son remarquable ouvrage « Pour une histoire de la guerre d’Algérie » (Picard, 2002), il s’est imposé comme l’un des meilleurs spécialistes du conflit algérien. Faisant face à la rude rivalité de mémoires antagonistes, qui obscurcit souvent ce champ historique, Guy Pervillé, d’une honnêteté intellectuelle à toute épreuve, est devenu une autorité, et ses articles et livres, des références. Par son souci constant d’objectivité, par la qualité de ses recherches, il n’a pas seulement fait progresser l’histoire des rapports franco-algériens au XXème siècle, mais a fortement contribué à confirmer ses lettres de noblesse à l’histoire immédiate. Dans ces conditions, on comprend que nombre de ses collègues et disciples aient souhaité participer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/Guy-Pervillé-à-Firmi-Aveyron-en-juin-2002.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-99" title="Guy Pervillé à Firmi (Aveyron) en juin 2002" src="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/Guy-Pervillé-à-Firmi-Aveyron-en-juin-2002-300x225.jpg" alt="" width="216" height="162" /></a></p>
<p>Le dernier numéro de la revue <em>Cahier d’histoire immédiate</em> (N°40, automne 2011) est entièrement consacré à un hommage à Guy Pervillé, directeur du <strong>Groupe de Recherche en Histoire Immédiate</strong> (GRHI), qui vient de prendre sa retraite d’Universitaire.</p>
<p>Depuis sa thèse sur « <em>les étudiants algériens de l’Université française, 1880-1962 </em>», publiée une première fois en 1984, Guy Pervillé n’a cessé de travailler sur la colonisation française, en particulier sur l’Algérie. Par ses cours et ses directions de recherche, aux universités de Rouen, Limoges, Bordeaux, Nice puis Toulouse, ainsi que ses nombreux travaux, dont son remarquable ouvrage « <em>Pour une histoire de la guerre d’Algérie </em>» (Picard, 2002), il s’est imposé comme l’un des meilleurs spécialistes du conflit algérien. Faisant face à la rude rivalité de mémoires antagonistes, qui obscurcit souvent ce champ historique, Guy Pervillé, d’une honnêteté intellectuelle à toute épreuve, est devenu une autorité, et ses articles et livres, des références. Par son souci constant d’objectivité, par la qualité de ses recherches, il n’a pas seulement fait progresser l’histoire des rapports franco-algériens au XXème siècle, mais a fortement contribué à confirmer ses lettres de noblesse à l’histoire immédiate.</p>
<p>Dans ces conditions, on comprend que nombre de ses collègues et disciples aient souhaité participer au numéro spécial des <em>Cahiers d’histoire immédiate</em>, dont on trouvera le détail du sommaire au bas du présent billet.</p>
<p>En revanche, on ne comprend pas,  et l’on est en droit, avec une partie de la communauté historienne, de s’indigner de la censure dont vient d’être victime Guy Pervillé. Un article sur la fin de la Guerre d’Algérie lui ayant été demandé par les Archives de France, celui-ci a été amputé, lors de sa récente publication, des deux tiers ! On pourra suivre de près cette triste affaire et lire dans son intégralité cet excellent article sur l’année 1962 en se reportant au site de Guy Pervillé (http://guy.perville.free.fr/spip/). Sans polémiquer, on observera que ce « couac » est un bien inquiétant début pour les manifestations scientifiques qui doivent marquer, cette année, les 50 ans de la fin de la Guerre d’Algérie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="right">Jean-François Soulet</p>
<p align="right">28 janvier 2012</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Sommaire du numéro des <em>Cahiers d’histoire immédiate</em> (N°40, automne 2011) :</p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li><strong>Colette Zytnicki</strong>, Quelques éléments sur la fabrique des Pieds Noirs</li>
<li><strong>Jacques Cantier</strong>, L’histoire saisie par la bande dessinée : la représentation des célébrations du Centenaire dans les Carnets d’Orient de Jacques Ferrandez</li>
<li><strong>Hartmut Elsenhans</strong>, Réalisme au ralenti ? La guerre d’Algérie et l’évolution de l’opinion publique française, 1955-1960</li>
<li><strong>Jean-François Soulet</strong>, Sergent engagé en Algérie (mai 1959-avril 1961)</li>
<li><strong>Martine Cuttier</strong>, Une promotion de Saint-Cyr, en Algérie : la Terre d’Afrique</li>
<li><strong>Jeannine Verdès-Leroux</strong>, Camus, « l’interlocuteur fraternel » des exilés et des dissidents</li>
<li><strong>Gilbert Meynier</strong> et <strong>Tahar Khalfoune,</strong> Algérie-France : destins entremêlés, histoire à partager</li>
<li><strong>Pierre Vermeren</strong>, Héritages de la guerre d’Algérie, inachèvements démocratiques et gestion des conflits au Maghreb (1962-2010)</li>
<li><strong>Eric Savarèse</strong>, Retour sur la question des « lois mémorielles ». Les nouvelles politiques de la mémoire.</li>
<li><strong>Jean-Charles Jauffret</strong>, Djoumoud et taliban : étude comparée</li>
<li><strong>Hubert Bonin</strong>, La quatrième « expédition d’Egypte » : le retour des entreprises françaises ou la fin du syndrome nassérien</li>
<li><strong>Sophie Dulucq</strong>, Pour un usage raisonné des « représentations » en histoire culturelle de la colonisation</li>
<li><strong>Jacques Frémeaux</strong>, Le général Leclerc et l’Afrique (août 1940-avril 1944)</li>
<li><strong>Nicolas Ténèze</strong>, La doctrine Begin : la réciproque d’une dissuasion réinventée</li>
<li><strong>Bertrand Vayssière</strong>, L’Union européenne à la recherche d’une politique méditerranéenne</li>
<li><strong>Jean-François Sirinelli,</strong> La civilisation républicaine dans le second vingtième siècle français : le début de la fin ?</li>
</ul>
<p align="right">
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		</item>
		<item>
		<title>Où en est l&#8217;histoire immédiate de la Russie ?</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Oct 2011 18:11:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Soulet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Je voudrais évoquer brièvement les travaux du congrès international qui s’est tenu à Moscou le 19 octobre 2011 sur « L’histoire de la nouvelle Russie vingt ans après (1891-2011) ». Il ne s’agit pas d’en faire un compte rendu exhaustif, mais de donner « à chaud », quelques jours après, mes impressions d’historien de l’immédiat sur cette manifestation, en sachant que je n’ai participé qu’à la session plénière et à l’une des quatre sessions particulières. Plusieurs organisations patronnaient ce congrès, dont le Fonds de l’Histoire contemporaine, l’Université Lomonosov de Moscou, l’Institut d’histoire de l’Académie des Sciences de Russie, les Archives d’Etat de la Fédération de Russie. Le programme du Congrès portait sur les changements géopolitiques, sociaux, économiques depuis la fin de l’Union soviétique, en particulier les événements de l’année 1991, survenus il y a exactement vingt ans : le putsch d’ août, l’éclatement de l’URSS, la création de la CEI, la signature du traité de réduction des armes nucléaires entre les Etats-Unis et l’URSS… &#160; J’ai d’abord été frappé par la volonté affichée par les participants, notamment par les organisateurs et les personnalités officielles, d’analyser de manière critique le passé le plus récent. « Les gens n’arrivent pas à s’adapter. Il leur faut, a affirmé le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2011/10/Université-Lomonosov4.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-90" title="Université Lomonosov" src="http://jean-francois-soulet.com/WordPress3/wp-content/uploads/2011/10/Université-Lomonosov4-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Je voudrais évoquer brièvement les travaux du congrès international qui s’est tenu à Moscou le 19 octobre 2011 sur « L’histoire de la nouvelle Russie vingt ans après (1891-2011) ». Il ne s’agit pas d’en faire un compte rendu exhaustif, mais de donner « à chaud », quelques jours après, mes impressions d’historien de l’immédiat sur cette manifestation, en sachant que je n’ai participé qu’à la session plénière et à l’une des quatre sessions particulières.</p>
<p>Plusieurs organisations patronnaient ce congrès, dont le Fonds de l’Histoire contemporaine, l’Université Lomonosov de Moscou, l’Institut d’histoire de l’Académie des Sciences de Russie, les Archives d’Etat de la Fédération de Russie.</p>
<p>Le programme du Congrès portait sur <strong>les changements géopolitiques, sociaux, économiques depuis la fin de l’Union soviétique, en particulier les événements de l’année 1991</strong>, survenus il y a exactement vingt ans : le putsch d’ août, l’éclatement de l’URSS, la création de la CEI, la signature du traité de réduction des armes nucléaires entre les Etats-Unis et l’URSS…</p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li>J’ai d’abord été frappé par la volonté affichée par les participants, notamment par les organisateurs et les personnalités officielles, d’<strong>analyser de manière critique le passé le plus récent</strong>. « Les gens n’arrivent pas à s’adapter. Il leur faut, a affirmé le Ministre de l’Education et de la Science Foursenko, digérer et comprendre les grandes transformations survenues depuis vingt ans. Notre société n’est pas satisfaite de notre enseignement ». Il s’agit de « décrire tout ce qui s’est passé. C’est la tâche de toutes les sciences humaines » (V.A. Sadovnitchy). « Il n’y a plus de sujets secrets, fermés ; on peut discuter de tout » (A.O. Tchoubarian). « Il n’y a pas de vision unique concernant notre passé » (J.A. Petrov).</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Peu de réticences s’expriment à propos d’une histoire concernant une période très proche</strong>. « Cette histoire, observe cependant V.A. Sadovnitchy, est pleine de questions, beaucoup de mythes, d’obscurités ; pour comprendre, il faut que le temps passe ». Mais la plupart des participants n’ont pas d’états d’âme envers l’histoire immédiate : « Peut-on, s’interroge S.P. Karpov,  étudier ce qui est immédiat et proche ? Oui, à la seule condition qu’il y ait suffisamment de documents ». « Les vingt dernières années sont des années chaudes mais le moment est venu d’étudier cette période » (J.A. Petrov). Deux jeunes historiens G.N. Bibikov et L.V. Bibikova ont rédigé et publié en septembre 2011, en langue russe, un manuel général d’histoire immédiate, faisant le point sur l’historiographie et la méthodologie dans le monde, et proposant un dictionnaire des historiens ultra-contemporanéistes comprenant 66 notices dont 24 de spécialistes français.</li>
</ul>
<ul>
<li>Toutefois, <strong>cette histoire immédiate de la Russie est, </strong>selon les Congressistes réunis à Moscou,<strong> difficile à élaborer </strong>et plusieurs conditions doivent être réunies pour la faciliter :</li>
</ul>
<p>-       il faut permettre un plus large accès des historiens aux archives. « C’est hyper important. Avec les témoignages oraux, c’est ce qu’il y a de plus important » (A.A. Foursenko) De ce point de vue, Boris Eltsine a été le chef d’Etat le plus libéral ; dans l’ouverture des archives, il est allé beaucoup plus loin que M. Gorbatchev, sans toutefois, les ouvrir totalement et de manière constante (Mark Kramer).</p>
<p>-       Il faut sauvegarder les archives des entreprises liquidées, et créer de véritables bases de données documentaires.</p>
<p>-       Il faut obtenir des documents des pays étrangers. L’exemple de la France est cité. Récemment, celle-ci a donné à la Russie la correspondance de l’ambassadeur de France pendant le putsch d’août 2011. Elle révèle une incompréhension étonnante de la situation. Les pronostics sur l’issue du putsch varient tous les quarts d’heure ! (A.O. Tchoubarian)</p>
<p>-       Il faut encourager la création à l’étranger de centres d’histoire sur la Russie contemporaine. (comme, par exemple, en Finlande le Centre de recherches sur la modernisation russe)</p>
<p>-       Il faut publier des recueils de documents (comme celui sur l’éclatement de l’URSS en 1991)</p>
<ul>
<li>Ce champ historique nouveau n’est pas fréquenté que par des professionnels. « Face aux chercheurs, <strong>il y a de plus en plus de charlatans</strong>, auteurs de communications pseudo-scientifiques, et fabricants de nouveaux mythes » (J.A. Petrov). Il a fallu créer une Commission contre la falsification de l’histoire russe.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>L’enseignement de l’histoire immédiate de la Russie</strong> n’est pas sans soulever de nombreux problèmes. Selon l’Association des professeurs d’histoire, c’est la période la plus délicate à enseigner. « L’enseignement de l’histoire des 20 dernières années, déclare le ministre Foursenko, constitue le sujet le plus difficile de notre enseignement » :</li>
</ul>
<p>-       Les manuels sont essentiels, or il existe de fréquentes instrumentalisations-manipulations des manuels scolaires à des fins nationalistes. Une communication de I. A. Novikov (professeur à l’Université de Tchéliabinsk) montre différentes falsifications cartographiques opérées dans des manuels des Etats postsoviétiques.</p>
<p>-       Il faut prendre garde au remplacement insidieux, dans l’enseignement secondaire, de la discipline historique par des pseudo disciplines comme « la Russie et le monde »</p>
<ul>
<li>L’opinion russe est plutôt déçue par l’élaboration de l’histoire immédiate russe. Et l’on assiste, de plus en plus, à une <strong>hégémonie des mémoires sur l’histoire</strong>. Des mémoires qui fluctuent au gré des années. Ainsi, d’après les recherches de L.A. Novikov, 47%  des Russes avaient une image positive de la pérestroïka en 2001, alors que dix ans plus tard, en 2011, le pourcentage tombe à 30%. En 2001, on comptait 33% de personnes favorables à la guerre de Tchétchénie, alors qu’en 2011, on n’en compte que 2%. D’une manière générale l’opinion a aujourd’hui une vision très négative de l’éclatement de l’URSS et des réformes gorbatchéviennes : elle regrette que Gorbatchev ne se soit pas limité, selon le modèle chinois, aux seules réformes économiques.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p align="right"><strong>Jean-François Soulet</strong></p>
<p align="right">23 octobre 2011</p>
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